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mardi 24 juin 2008

Incendie au centre de rétention de Vincennes: à quand le prochain drame ?

Photo : rue89



Ci après un communiqué de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH)

Le centre de rétention de Vincennes vient d’être à nouveau le lieu d’événements dramatiques.

 Après les violences qui ont accompagné une intervention policière brutale il y a quelques mois et qui a fait l’objet d’une enquête de la Commission Citoyens Justice Police, après la mort d’un « retenu » vendredi dernier à la suite d’une crise cardiaque, un incendie a ravagé hier l’ensemble des locaux, au cours duquel plus de vingt « retenus » ont été blessés.

Avec de nombreuses autres associations de défense des droits, la Ligue des droits de l’Homme proteste depuis des mois contre les conditions inadmissibles dans lesquelles sont traités ces centaines d’étrangers qui n’ont commis aucun crime ni délit, si ce n’est le fait d’être démuni de tout y compris de papiers d’identité. Brutalités, grèves de la faim, incendie : chacun comprend que l’internement administratif pour délit de dénuement, l’absence de toute perspective de sortir de ce cauchemar, le renforcement constant de la traque administrative et policière, tout cela crée les conditions d’un désespoir qui peut pousser aux pires extrémités.

Si rien ne change dans les centres de rétention, si la politique inhumaine de chasse aux sans papiers continue à produire son lot quotidien de malheur en dépit de toute considération humaine, rationnelle voire économique, le pire est à venir. Nul ne pourra dire qu’il ne savait pas ou qu’il n’a pas voulu cela.

Quelles que soient les causes de l’incendie d’hier, qu’il appartient à la justice de déterminer en toute indépendance, la LDH considère que la responsabilité des pouvoirs publics est d’ores et déjà engagée par la succession de drames qui frappent les sans papiers internés de Vincennes. 

jeudi 13 mars 2008

Mission d’enquête : Centre de rétention administratif (CRA) de Vincennes

Une personne retenue au Centre de rétention de Vincennes a saisi la Commission nationale Citoyens/Justice/Police.

Elle a été témoin des faits qui se sont déroulés dans la nuit du 11 au 12 février 2008 au Centre de rétention de Vincennes.

La commission nationale – composée de la Ligue des droits de l’Homme, du Syndicat des Avocats de France et du Syndicat de la Magistrature – déjà alertée à maintes reprises sur des situations analogues, constitue une mission chargée d’enquêter sur le comportement des policiers lors de leur intervention au CRA de Vincennes.

La mission recueillera les témoignages de toutes les parties.

Elle est constituée de :

- Sylvie Boitel et Colette Crémieux de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) ;
- Maître Pascale Taelman et maître Ariana Bobetic du Syndicat des Avocats de France (SAF);
- Aïda Chouk et Agnès Herzog du Syndicat de la Magistrature (SM).

Elle rendra public son rapport.

Source: LDH


mardi 26 février 2008

« Midnight express » dans un centre de Rétention à Vincennes

Communiqué de la LDH ( Ligue des Droits de l'Homme)

Centre de rétention de Vincennes, nuit du 11 au 12 février 2008:

Brimades, insultes, « renforts » policiers. Tirs au « Taser ». Un « retenu », touché à la poitrine, perd connaissance et se réveille à l’Hôtel-Dieu avec le bras en écharpe et de fortes contusions à la tête, nécessairement postérieures à sa perte de connaissance. Ceux qui ne se sont pas évanouis peuvent témoigner … tant qu’ils sont encore en France.

Les autres « retenus », à qui on ne reproche rien, sont refoulés dans leurs chambres. Aux coups de matraques répondent des brûlures de cigarettes sur deux matelas.

Rappelés, les « renforts » dégradent des objets personnels, piétinent un Coran. On fait descendre dans la cour y compris ceux qui dormaient. Certains sont habillés, d’autres non. On ne laisse aucun d’eux prendre un vêtement.

Dans la cour, fouille intégrale. Ce n’est qu’ensuite qu’un par un ils peuvent rentrer au chaud. Cela dure jusqu’à 4 heures du matin.

Khaled, ressorti de l’hôpital le 14 février, a été reconduit au CRA de Vincennes. Depuis 10 jours, il n’a reçu aucun soin, n’a vu ni médecin ni infirmier. Le bandage de son bras est sale et ensanglanté.

Une enquête de l’IGS est en cours.

Ces faits se sont déroulés dans un lieu évidemment abrité des regards indiscrets, sur le territoire de la République française, en février 2008. La LDH, le SM et le SAF, qui ont décidé de constituer sur ces très graves événements une mission d’enquête de leur Commission Citoyens Justice Police, appellent l’ensemble des médias à leur donner l’écho qu’ils méritent. Il est temps que chaque Français sache ce que l’on fait en son nom.

Paris, le 25 février 2008.

Source : LDH (Ligue des Droits de l'Homme)