Paris, le 09 juillet 2008.
Au nom de "la Communauté Tibétaine de France et ses Amis", je sollicite votre attention concernant l’urgence de la situation au Tibet, compte tenu des répressions chinoises, suite aux manifestations pacifiques des Tibétains à l’encontre du pouvoir occupant chinois.
Malgré une pression concertée de la Communauté Internationale, la situation au Tibet demeure sous une répression continue depuis le 10 mars dernier et l’armée populaire dite de " libération" a encerclé environ quatre vingt dix localités tibétaines concernées par les manifestations pacifiques. Les arrestations arbitraires et les exécutions sommaires sont quotidiennes pour les Tibétains du Tibet, en raison de leurs refus de soumission aux ordres chinois.
Nous souhaitons vous informer que lors de la septième rencontre entre les émissaires de Sa Sainteté le Dalai Lama et les autorités chinoises, aucun progrès n’a pas été enregistré sur la question du Tibet.
Du côté des autorités chinoises, non seulement, elles ont tout fait pour éviter d’aborder le vrai sujet dont l’enjeu est la survie et l’existence même de la Nation tibétaine, mais encore, la Chine mène une campagne massive de dénigrement et de diffamation contre Sa Sainteté le Dalai Lama en l’accusant " d’être séparatiste ou bien de saboter les jeux de Pékin", ce ne sont purement et simplement que des mensonges pour faire durer le problème du Tibet sans le résoudre pour autant.
A la lumière de l’annonce de votre décision de participer à la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympique, le 8 août prochain, nous souhaitons que vous parliez du problème du Tibet avec votre homologue chinois Monsieur Hu Jintao. Les trois mesures concrètes qui pourraient apaiser la situation au Tibet, seraient la cessation immédiate de la répression chinoise, l’ouverture du Tibet aux enquêteurs internationaux et aux journalistes indépendants, et enfin, l’engagement de Monsieur Hu Jintao dans un dialogue direct avec Sa Sainteté le Dalai Lama sur l’avenir politique des six millions de tibétains.
Nous souhaitons que vous receviez Sa Sainteté le Dalai Lama quand il viendra en France.
Veuillez agréer Monsieur le Président de la République, l’expression de ma haute considération.
Thupten GYATSO, Président de "la Communauté Tibétaine de France et ses Amis".
Source : Tibet-info
jeudi 10 juillet 2008
Lettre ouverte de la Communauté Tibétaine de France à Monsieur Le Président de la République
mardi 1 avril 2008
TIBET : APPEL AU PEUPLE CHINOIS

Appel au peuple chinois de Sa Sainteté le 14ème Dalaï Lama, 28 mars 2008
Je salue aujourd’hui chaleureusement mes sœurs et frères chinois du monde entier, et tout particulièrement ceux de la République populaire de Chine. A la lumière des événements survenus dernièrement au Tibet, j’aimerais vous faire part de mes réflexions sur les relations entre le peuple tibétain et le peuple chinois, et lancer à chacun d’entre vous un appel personnel.
Je suis profondément attristé par les pertes de vies subies lors des derniers événements tragiques au Tibet et suis conscient que des Chinois ont également trouvé la mort. Je compatis avec les victimes et leurs familles, et je prie pour elles. Les troubles récents démontrent nettement la gravité de la situation au Tibet ainsi que l’urgence de trouver une solution pacifique et mutuellement bénéfique par le dialogue. Même dans les circonstances actuelles, j’exprime aux autorités chinoises ma volonté de travailler avec elles pour établir la paix et la stabilité.
Sœurs et frères chinois, je vous assure que je ne désire nullement la séparation du Tibet. Je ne souhaite pas non plus enfoncer un coin entre Tibétains et Chinois. J’ai au contraire toujours eu à cœur de trouver une véritable solution au problème du Tibet, qui garantisse les intérêts à long terme des Chinois comme des Tibétains. Comme je l’ai maintes fois répété, mon principal souci est d’assurer la survie de la spécificité de la culture, de la langue et de l’identité du peuple tibétain. En tant que simple moine qui s’efforce d’observer chaque jour de sa vie les préceptes bouddhiques, je vous assure de la sincérité de ma motivation.
J’appelle les dirigeants de la République populaire de Chine à clairement comprendre ma position et à œuvrer au règlement de ces problèmes en "recherchant la vérité dans les faits".
Je presse les dirigeants chinois de faire preuve de sagesse et d’entamer un dialogue sérieux avec le peuple tibétain. Je les appelle aussi à déployer des efforts sincères pour contribuer à la stabilité et à l’harmonie de la République populaire de Chine et éviter de provoquer des tensions inter-ethniques. La couverture des derniers événements au Tibet par les médias publics chinois qui dénaturent la réalité et induisent en erreur pourrait semer des graines de tensions ethniques et avoir des conséquences imprévisibles à long terme. C’est pour moi un grave sujet de préoccupation. De même, en dépit de mon soutien répété aux Jeux olympiques de Beijing (Pékin), les autorités chinoises, dans le but de creuser un fossé entre le peuple chinois et moi-même, affirment que j’essaie de saboter les jeux. Il est toutefois encourageant pour moi de constater que plusieurs intellectuels et universitaires chinois expriment également les fortes préoccupations suscitées par les actions des dirigeants chinois et les risques pouvant en découler à long terme, notamment en matière de relations inter-ethniques.
Depuis des temps anciens, Tibétains et Chinois vivent comme voisins. Durant les deux mille ans de l’histoire connue de nos peuples, nous avons parfois entretenu des relations amicales, contractant même des alliances matrimoniales, alors que d’autres fois, nous nous sommes combattus. Le bouddhisme ayant cependant fleuri en Chine avant d’arriver au Tibet par l’Inde, nous, Tibétains, avons toujours accordé aux Chinois le respect et l’affection dus aux sœurs et frères aînés en dharma. Les membres de la communauté chinoise vivant hors de Chine le savent bien et certains d’entre eux ont participé à mes conférences bouddhiques, tout comme le savent les pèlerins venant de Chine continentale que j’ai eu le privilège de rencontrer. Ces rencontres m’encouragent et je crois qu’elles peuvent contribuer à une meilleure compréhension entre nos deux peuples.
Le vingtième siècle a été témoin de changements considérables dans de nombreuses parties du monde et le Tibet, lui aussi, a été entraîné dans ce mouvement. Peu après la création de la République populaire de Chine en 1949, l’Armée de libération du peuple pénétrait au Tibet, ce qui a finalement abouti à la conclusion de l’Accord en 17 points entre la Chine et le Tibet en mai 1951. Lorsque j’étais à Beijing en 1954-55, participant au Congrès national du peuple, j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de hauts dirigeants, dont le président Mao lui-même, et de nouer des liens personnels d’amitié avec eux. De fait, le président Mao m’a donné des conseils sur plusieurs questions, de même que des assurances personnelles sur l’avenir du Tibet. Encouragé par ces assurances et inspiré par la ferveur de nombreux dirigeants révolutionnaires chinois de cette époque, je suis rentré au Tibet empli de confiance et d’optimisme. Certains membres du parti communiste tibétain partageaient le même espoir. De retour à Lhassa, j’ai tout mis en œuvre pour obtenir une véritable autonomie du Tibet au sein de la famille de la République populaire de Chine (RPC). J’estimais que c’était la meilleure façon de servir les intérêts à long terme des peuples tibétain et chinois.
Malheureusement, des tensions, qui ont commencé à monter au Tibet à partir de 1956 environ, ont finalement abouti au soulèvement pacifique du 10 mars 1959 à Lhassa et à ma fuite en exil. Même si nombre de changements bénéfiques se sont produits au Tibet sous le régime de la République populaire de Chine, ces changements, comme l’a souligné en janvier 1989 le précédent Panchen Lama, ont été assombris par d’immenses souffrances et des destructions à grande échelle. Les Tibétains devaient constamment vivre dans la peur, alors que le gouvernement chinois continuait de se méfier d’eux. Toutefois, au lieu de cultiver de l’animosité envers les dirigeants chinois responsables de la dure répression du peuple tibétain, je priais pour que nous devenions amis. C’est ce que j’exprimais dans ces quelques lignes d’une prière écrite en 1960, un an après mon arrivée en Inde. "Puissent-ils réaliser l’œil de la sagesse, savoir ce qui est à accomplir et ce qui est à abandonner, et demeurer dans la gloire de l’amitié et de l’amour". De nombreux Tibétains, parmi lesquels des écoliers, récitent ces lignes dans leurs prières quotidiennes.
En 1974, à la suite de graves discussions avec mon cabinet, le Kashag, de même qu’avec le président et le vice-président de l’Assemblée des députés du peuple tibétain, nous avons décidé de trouver une voie médiane visant à ne pas séparer le Tibet de la Chine, mais à favoriser le développement pacifique du Tibet. Même si nous n’avions pas de contact à ce moment avec la RPC – qui se trouvait alors en pleine Révolution culturelle – nous avions déjà admis que, tôt ou tard, nous devrions résoudre la question du Tibet par voie de négociations. Nous avons également reconnu que, du moins en ce qui concerne la modernisation et le développement économique, il serait grandement bénéfique au Tibet de demeurer au sein de la RPC. Bien que le Tibet possède un héritage culturel riche et ancien, il est peu développé sur le plan matériel.
Situé sur le toit du monde, le Tibet donne naissance aux plus grands fleuves d’Asie. C’est pourquoi la protection de l’environnement revêt une importance primordiale sur le Plateau tibétain. Notre préoccupation essentielle étant de sauvegarder la culture bouddhique tibétaine – enracinée dans les valeurs de la compassion universelle – tout comme la langue tibétaine et l’identité tibétaine unique, nous avons ardemment travaillé à l’obtention d’une véritable autonomie pour l’ensemble des Tibétains. La constitution de la RPC stipule que les ethnies, comme les Tibétains, jouissent de ce droit.
En 1979, le dirigeant suprême de la Chine à cette époque, Deng Xiaoping, a assuré mon émissaire personnel que "hormis l’indépendance du Tibet", toutes les autres questions pouvaient être négociées. Comme nous avions déjà formulé notre approche consistant à rechercher une solution de la question tibétaine dans le cadre de la constitution de la RPC, nous nous trouvions en bonne position pour saisir cette nouvelle occasion. Mes envoyés ont rencontré à plusieurs reprises des représentants de la RPC. Depuis que nous avons renoué contact en 2002, il y a eu six rondes de discussions. Cependant, nous n’avons abouti à absolument aucun résultat concret sur la question fondamentale. Néanmoins, comme je l’ai déclaré à plusieurs reprises, je demeure fermement attaché à la Voie du milieu et je réaffirme être prêt à poursuivre le dialogue.
Cette année, le peuple chinois attend avec fierté et impatience l’ouverture des Jeux olympiques. J’ai toujours soutenu l’idée que Beijing puisse accueillir les jeux. Ma position n’a pas changé. La Chine a la plus importante population du monde, une longue histoire et une civilisation extrêmement riche. Aujourd’hui, compte tenu de son impressionnant essor économique, elle émerge comme grande puissance. Il faut certainement s’en réjouir. Mais la Chine doit aussi gagner le respect et l’estime de la communauté internationale en bâtissant une société ouverte et harmonieuse, fondée sur les principes de la transparence, de la liberté et de la primauté du droit. Or, jusqu’à ce jour, les victimes de la tragédie de la place de Tiananmen, qui a bouleversé la vie de tant de citoyens chinois, n’ont reçu ni juste réparation ni réponse officielle. De même, lorsque des milliers de Chinois ordinaires des zones rurales subissent des injustices perpétrées par des fonctionnaires locaux corrompus qui les exploitent, leurs plaintes légitimes sont jetées aux oubliettes ou suscitent de violentes réactions. J’exprime ces préoccupations en tant que votre semblable, également prêt à se considérer comme membre de cette grande famille qu’est la République populaire de Chine. A cet égard, j’apprécie et soutiens la politique du président Hu Jintao visant à créer une "société harmonieuse" mais cette société ne peut s’édifier que sur la base d’une confiance mutuelle et dans un climat de liberté, dont la liberté d’expression et la primauté du droit. Je crois fermement que l’adoption de ces valeurs permettra de résoudre beaucoup de problèmes importants liés aux minorités, comme la question du Tibet, ainsi que celle du Turkestan oriental et de la Mongolie intérieure, où les autochtones ne constituent plus que 20% d’une population totale de 24 millions.
J’espérais que la déclaration récente du président Hu Jintao selon laquelle la stabilité et la sécurité du Tibet concernent la stabilité et la sécurité du pays annoncerait l’avènement d’une ère nouvelle pour le règlement du problème du Tibet. Malheureusement, en dépit des efforts sincères que j’ai déployés pour ne pas séparer le Tibet de la Chine, les dirigeants de la République populaire de Chine m’accusent d’être un "séparatiste". De même, lorsque des Tibétains, à Lhassa et dans de nombreuses autres régions, ont protesté de manière spontanée pour exprimer un ressentiment profondément ancré, les autorités chinoises m’ont immédiatement accusé d’avoir orchestré ces manifestations. J’ai demandé que cette allégation fasse l’objet d’une enquête minutieuse, menée par un organe respecté.
Sœurs et frères chinois – où que vous soyez – c’est empreint d’une grande inquiétude que j’en appelle à vous pour que nous puissions dissiper les malentendus entre nos deux communautés. J’en appelle aussi à vous pour que vous nous aidiez à trouver une solution pacifique et durable au problème du Tibet par le dialogue, dans un esprit de compréhension et de conciliation.
Mes prières vous accompagnent.
Tenzin Gyatso, Dalaï Lama
Le 28 mars 2008
Source : Tibet-info
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samedi 29 mars 2008
Le Dalaï-Lama dénonce un "génocide culturel"
Par Clifford Coonan à Xiahe, Province du Gansu
The Independent lundi 17 mars 2008

Hier soir, la Chine luttait contre la menace la plus puissante à sa réputation internationale depuis le massacre de militants en 1989 sur la Place Tienanmen, alors que des manifestations de colère contre sa domination sur le Tibet se sont étendues aux provinces voisines.
Le chef spirituel du Tibet en exil, le Dalaï-Lama, a accusé la Chine de "génocide culturel", après les mesures sévères prises contre les moines bouddhistes et les citoyens tibétains dans la capitale de Lhassa et autres centres tibétains, qui ont fait au moins 100 morts.
A cinq mois des Jeux Olympiques, le gouvernement communiste défend ses actions en accusant le Dalaï-Lama d'insurrection organisée et en insistant sur le fait que ses forces de sécurité ont agi avec mesure contre les foules en colère.
A Lhassa, on a dit que les rues étaient largement désertées alors que les habitants faisaient le point sur une semaine tumultueuse, qui a commencé par des manifestations pacifiques de moines bouddhistes tibétains et c'est terminé avec des émeutiers en colère se confrontant à une police armée. Au monastère de Labrang, dans la province voisine de Gansu, les moines ont dit qu'ils avaient vu quatre personnes être abattues après l'attaque des manifestants par la police anti-émeutes.
Il est impossible de le vérifier parce que, à la suite d'une brève fenêtre lorsque ce correspondant et d'autres réussirent à entrer dans la ville ce week-end, les autorités ont fermé hermétiquement la ville. Mais les affrontements de Labrang, une ville pittoresque au bord du plateau tibétain, montre juste à quel point les manifestations se sont étendues.
Dans une tentative supplémentaire d'isoler les troubles, la Chine, hier soir, a mis fin à tous les permis de voyager pour les étrangers qui visitent le Tibet.
Le Comité International Olympique a jusqu'à présent ignoré les appels à un boycott des Jeux. La communauté internationale observe avec intérêt pour voir ce qui va arriver après. Fait révélateur, le Dalaï-Lama a déclaré qu'il soutient toujours l'effort de Pékin d'organiser les Jeux Olympiques. "Que ce soit intentionnel ou non, une sorte de génocide culturel est en cours", a déclaré le Dalaï-Lama, se référant à la politique de la Chine d'encourager la majorité ethnique Han à migrer vers cette région. "C'est vraiment désespéré", a-t-il dit à la BBC. "Au fur et à mesure que le camp tibétain est déterminé, les choses se tendent et le camp chinois est également déterminé. Cela signifie donc le massacre comme conséquence".
Le Dalaï-Lama, qui s'est enfui du Tibet en 1959 après un soulèvement raté, neuf ans après que l'Armée Populaire de Libération est entrée à Lhassa, est considéré par le gouvernement chinois comme un séparatiste dangereux.
Décrivant les manifestants comme des "vandales", l'agence de presse chinoise officielle, Xinhua, a fait courir des histoires d'héroïsme de la part de la police et de la milice armée face au "sabotage... organisé, prémédité et orchestré par la bande du Dalaï-Lama". Xinhua a rapporté que la violence de vendredi a fait 12 blessés graves, dont deux dans un état critique, parmi les policiers et les militaires de la police armée au cours des émeutes.
Xiahe se trouve dans la zone d'Amdo à majorité tibétaine, dont une partie se trouve dans la province chinoise de Gansu. La Région Autonome du Tibet ne se rapporte qu'à une partie du Tibet, mais près de trois millions de Tibétains vivent dans les provinces voisines de la Chine, comme Gansu et Sichuan.
Pour les Tibétains, les frontières imposées par Pékin sont sans fondement et il y a eu des protestations dans toute cette région. Selon la Campagne pour un Tibet Libre, les émeutes se sont étendues aussi au monastère de Kirti dans le Comté d'Aba, dans la province de Sichuan, où des témoins ont vu 13 personnes être abattues par les forces de sécurité.
Les protestataires utilisent un réseau de dissidence

Pendant l'accalmie des affrontements violents de Xiahe, dans la province de Gansu, les moines et les pèlerins en costume tibétain ont marché dans la rue en se servant des armes les plus dangereuses du monde - les appareils photos de leur téléphones mobiles. Vous pouvez causer beaucoup de dommages avec une photo qui a du grain montrant la brutalité policière depuis votre téléphone bon marché.
Beaucoup de jeunes moines qui se sont affrontés avec la police chinoise anti-émeutes, près du monastère de Labrang, n'étaient pas nés la dernière fois que les Tibétains se sont battus contre Pékin, à la fin des années 80. A cette époque, le gouvernement chinois avait rapidement rétabli l'ordre et imposé la loi martiale. La nouvelle génération dispose d'internet, l'arme de dissidence la plus puissante de la planète.
Lorsque les manifestions actuelles ont commencé à Lhassa, on a craint que la Chine coupe les liens téléphoniques mobiles. Mais les compte-rendus des témoins oculaires et les photographies de basse résolution ont cheminé dans le monde extérieur via l'excellent réseau de téléphonie mobile de la Chine.
La Grand Firewall [ou "Grande Muraille Coupe-feu"] de la Chine est un instrument contondant, mais la plupart des jeunes-gens calés en internet savent comment le contourner.
Traduit de l'anglais par [JFG-QuestionsCritiques]
lundi 10 mars 2008
Le dalaï lama dénonce les "énormes et inimaginables violations des droits de l'Homme" en Chine

Le chef spirituel des bouddhistes de la tradition "tibétaine" a dénoncé la répression en chine mais rappelle son opposition au boycott des JO de Pékin
La langue, les coutumes, les traditions du Tibet sont en train de disparaître et les Tibétains vivent dans la peur de devenir une minorité dans leur propre patrie, déclare le dalaï lama dans un discours attendu lundi. Dans ce texte, dont Reuters s’est procuré une copie, le chef spirituel en exil des Tibétains appelle la communauté internationale à faire pression sur la Chine pour que la liberté d’expression soit respectée lors des Jeux olympiques de Pékin.
Lundi marquera le 49e anniversaire du soulèvement de 1959 matée par l’Armée populaire qui précipita l’exil en Inde du dalaï lama, aujourd’hui âgé de 72 ans.
« La langue, les coutumes et les traditions du Tibet s’effacent graduellement », dit-il dans ce discours qu’il prononcera à Dharamsala, la ville du nord de l’Inde où il vit.
Les Tibétains, poursuit-il, « sont amenés à vivre dans un état de peur permanente, d’intimidation et de suspicion sous la répression chinoise (...) La répression continue de croître avec des violations nombreuses, inimaginables et massives des droits de l’homme, le déni de la liberté religieuse et la politisation des questions religieuses ».
Conséquence de la politique de transfert de populations orchestrée par le pouvoir central, le nombre de non-Tibétains vivant dans le territoire himalayen ne cesse d’augmenter, réduisant les Tibétains à « une minorité insignifiante dans leur propre pays », continue-t-il.
« J’exhorte le gouvernement chinois à cesser immédiatement cette politique », poursuit le lauréat du prix Nobel de la Paix.
Evoquant les Jeux de Pékin, le dalaï lama rappelle avoir soutenu la candidature chinoise dès le début, niant les projets de sabotage et de troubles dont l’a accusé le principal responsable de l’administration chinoise au Tibet, Zhang Qingli.
Il attend néanmoins de ces olympiades qu’elles permettent une amélioration de la situation de la liberté d’expression, pendant et après la manifestation sportive.
« Le monde devrait explorer les moyens d’investir son énergie collective dans un changement positif continu en Chine lorsque les Jeux seront terminés », dit-il.
Source : Reuters.com