Le père d'une fillette de cinq ans et sa compagne ont été mis en examen et écroués vendredi pour actes de torture et de barbarie sur mineur après l'avoir martyrisé pendant des semaines, lui imposant sévices et privations de nourriture, a-t-on appris de source judiciaire.
Placée chez son père depuis le mois d'août 2007, elle n'allait plus à l'école depuis plus d'un mois. Le père, un quadragénaire, ne s'étant pas rendu aux convocations de l'éducateur qui le suivait, les services de l'assistance éducative ont entamé cette semaine une procédure au parquet de Mulhouse.
Lorsque les policiers se sont présentés jeudi au domicile du père, ils ont constaté que l'enfant présentait des signes de malnutrition et d'importantes marques sur le corps. La fillette a été hospitalisée d'urgence, tandis que le père et la belle-mère étaient placés en garde à vue.
Les trois autres enfants du couple, tous plus jeunes, ont été placés chez leurs grands-parents.
Selon le vice-procureur de Mulhouse, Alexandre Chevrier, la fillette était devenue "une véritable chose qui n'avait plus de prénom".
Selon les premiers éléments de l'enquête, l'enfant avait d'abord été victime de coups à mains nues, puis avec un bâton, sur tout le corps. Les punitions se sont ensuite multipliées au fil des semaines: enfermée dans des endroits sombres avec les mains liées, elle subissait aussi, ligotée, des douches gelées. La fillette était également menacée de ne plus voir sa mère si elle venait à parler.
Le père et sa compagne, nettement plus jeune que lui, avaient d'abord nié les faits, avant de finir par les reconnaître. L'enquête se poursuit à propos de l'entourage familial.
© 2008 AFP
dimanche 2 mars 2008
Actes de barbarie sur une enfant de 5 ans
Condamné à 13 ans de prison pour avoir poignardé son professeur
PARIS (Reuters) - Kévani Wansale a été condamné à 13 ans de prison par la cour d'assises de l'Essonne pour une tentative d'assassinat contre sa professeure d'art en 2005.
L'avocate générale avait requis 15 ans de réclusion contre le jeune homme, aujourd'hui âgé de 20 ans, qui avait porté plusieurs coups de couteau à Karen Montet-Toutain, dans un lycée d'Etampes (Essonne).
"C'est un véritable gâchis pour les deux parties. D'un simple problème de communication, nous en sommes arrivés là, c'est véritablement dommage", a dit à la presse Karen Montet-Toutain, (la victime, ndlr) très émue, dans une déclaration retransmise sur i-Télé.
Jean-Baptiste Vey
© Reuters 2008
jeudi 28 février 2008
Utilisation du Taser en France

(...) Sur le papier, tout est clair. Le pistolet électrique ne peut s'utiliser que dans trois cas :
la légitime défense ; quand une personne peut paraître menaçante vis-à-vis d'elle-même ou d'autrui ; pour interpeller des auteurs de crimes ou de délits en situation de rébellion.
L'arme ne doit être employée que dans des endroits dégagés, la victime ne contrôlant pas sa chute. Elle est prohibée lors des manifestations. Pour 450 euros supplémentaires, la version des policiers est munie d'une caméra qui permet de filmer la scène. Les gendarmes recommandent de tester l'arme sur soi. Pour les policiers, "nous ne le préconisons pas, mais nous ne l'interdisons pas", explique Christophe Fichot.
Les statistiques officielles se veulent rassurantes. La police aurait utilisé le Taser 395 fois, dont 165 en 2007. La gendarmerie comptabilise 105 utilisations en 2006 et 160 en 2007. Dans nombre de cas, il s'agissait de maîtriser des forcenés. "Nous avons une baisse parallèle de 14 % de l'usage des armes à feu et de 8 % des blessés dans nos rangs", avance le général Safray.
Aucun chiffre ne convaincra Virginie Barruel, 22 ans. Cette jeune femme de 51 kg pour 1,58 m a été interpellée le 30 avril 2005, à Lyon, à la suite d'une manifestation qui avait dégénéré. Quatre policiers de la brigade anticriminalité (BAC) l'ont maîtrisée et électrocutée à bout touchant, alors qu'elle était déjà à terre. Il a été admis après coup que la jeune femme ne faisait pas partie des casseurs. "La BAC a été dépassée ce jour-là et a utilisé le Taser inconsidérément", estime son avocate, Me Frédérique Penot.
l'arme suscite les polémiques. Dernière en date, dans la nuit du 11 au 12 février, les policiers ont utilisé le Taser pour réprimer des échauffourées à l'intérieur du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes. La Préfecture de police de Paris a confirmé, lundi 25 février, les informations rapportées par la Cimade, une association habilitée dans ces centres, et la Ligue des droits de l'homme. Elle a annoncé que l'inspection générale des services (IGS) avait été saisie.
"Il y a facilité d'usage, et donc un risque énorme d'abus", constate Benoît Muracciole, responsable d'Amnesty International. Les organisations de défense des droits de l'homme redoutent ce genre d'usage inconsidéré. Aux Etats-Unis, l'arme est utilisée depuis 1999 par les polices locales, si fréquemment que "to tase" ("taser") est devenu un verbe commun. Les dérives se multiplient, des vidéos mises en ligne montrent régulièrement des citoyens ordinaires foudroyés pour des peccadilles.
Source : leMonde
mardi 26 février 2008
« Midnight express » dans un centre de Rétention à Vincennes
Communiqué de la LDH ( Ligue des Droits de l'Homme)
Centre de rétention de Vincennes, nuit du 11 au 12 février 2008:
Brimades, insultes, « renforts » policiers. Tirs au « Taser ». Un « retenu », touché à la poitrine, perd connaissance et se réveille à l’Hôtel-Dieu avec le bras en écharpe et de fortes contusions à la tête, nécessairement postérieures à sa perte de connaissance. Ceux qui ne se sont pas évanouis peuvent témoigner … tant qu’ils sont encore en France.
Les autres « retenus », à qui on ne reproche rien, sont refoulés dans leurs chambres. Aux coups de matraques répondent des brûlures de cigarettes sur deux matelas.
Rappelés, les « renforts » dégradent des objets personnels, piétinent un Coran. On fait descendre dans la cour y compris ceux qui dormaient. Certains sont habillés, d’autres non. On ne laisse aucun d’eux prendre un vêtement.
Dans la cour, fouille intégrale. Ce n’est qu’ensuite qu’un par un ils peuvent rentrer au chaud. Cela dure jusqu’à 4 heures du matin.
Khaled, ressorti de l’hôpital le 14 février, a été reconduit au CRA de Vincennes. Depuis 10 jours, il n’a reçu aucun soin, n’a vu ni médecin ni infirmier. Le bandage de son bras est sale et ensanglanté.
Une enquête de l’IGS est en cours.
Ces faits se sont déroulés dans un lieu évidemment abrité des regards indiscrets, sur le territoire de la République française, en février 2008. La LDH, le SM et le SAF, qui ont décidé de constituer sur ces très graves événements une mission d’enquête de leur Commission Citoyens Justice Police, appellent l’ensemble des médias à leur donner l’écho qu’ils méritent. Il est temps que chaque Français sache ce que l’on fait en son nom.
Paris, le 25 février 2008.
Source : LDH (Ligue des Droits de l'Homme)